Acheter le premier téléphone de son enfant : âge, limites, contrôle parental… le guide complet en quatre questions

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En 2020, l'âge moyen d'obtention du premier téléphone portable était de 9 et 9 mois. S'il semble inévitable à partir de la préadolescence, comment accompagner et protéger son enfant avec son premier téléphone portable ?

"Papa, maman… J'aimerais avoir un téléphone. Tous mes copains en ont !" Une fois glissée dans la tête d'un enfant, l'idée d'avoir un téléphone portable n'en sort pas facilement. Et même, elle gonfle avec le temps. Au bout d'un moment, on accepte. On offre un téléphone pour un anniversaire, à Noël… en espérant qu'il ne prenne pas trop de place dans la vie de l'enfant. Comment s'y prendre pour que tout se passe bien ?

À partir de quel âge ?

La règle du 3-6-9-12 du psychiatre Serge Tisseron peut vous aiguiller. Par d'écran avant 3 ans, pas de console ou tablette personnelle avant 6 ans, pas d'internet avant 9 ans et pas de réseaux sociaux avant 12 ans. A retenir dans tous les cas : le moins est toujours le mieux. 

Où est le téléphone parmi ces paliers ? L'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique (Open) conseille de retarder son acquisition jusqu'à 12 ans. Mais attention : il faudra mettre en place quelques barrières : sur le temps d'utilisation, le contrôle parental, l'importance de l'accès à internet et les réseaux sociaux.

Quel abonnement privilégier ?

Si la plupart des opérateurs proposent des abonnements avec messages et appels illimités, des limites existent sur le nombre Gigas, soit la quantité de données utilisables en ligne.

Le forfait bloqué permet de garder la main sur le temps passé sur internet. 100 Mo, c'est une heure de réseaux sociaux. 1 Go, soit 10 fois plus, c'est une heure sur Netflix. Il est possible de choisir un forfait évolutif, entre 1 et 10 Go : au fil du temps, votre enfant aura de plus en plus accès à Internet, de sorte à ne pas "tomber" trop vite dedans.

Faut-il mettre des limites de temps et de lieu ?

20 minutes entre 3 et 6 ans, 30 minutes entre 6 et 8 ans, 45 minutes entre 8 et 10 ans et une heure à partir de 10 ans. Au-delà, et dès que l'enfant à un téléphone portable il est recommandé de discuter avec lui de quelques limites.

Vous pouvez sacraliser certains moments de la journée : pas de téléphone pendant les repas, avant le petit-déjeuner, une heure avant le coucher… Par ailleurs, n'hésitez pas à installer des coupures obligatoire : pas de téléphone dans la chambre, à l'école ou lors des activités en extérieur par exemple. 

Il faut aussi éviter les "technoférences". C'est quand au cours d'une activité, d'une conversation, d'un déplacement… le téléphone perturbe l'action en cours. Au mieux, c'est impoli. Au pire, c'est dangereux.

En marchant dans la rue, au cours d'une discussion dans la voiture, quand des invités sont présents à la maison, rappelez à votre enfant qu'il doit prioriser l'interaction réelle, directe et ranger son téléphone.

Faut-il mettre un "contrôle parental" ?

Le contrôle parental bloque l'accès aux contenus interdits aux mineurs : violence, sexualité, argent, drogue… La plupart des opérateurs le proposent lors du choix de l'abonnement. Sur les IPhone, il est possible d'enregistrer certaines restrictions dans les réglages grâce à un code secret.

Sur Google Play, on peut bloquer l'installation de certaines applications. Et justement, des applications de contrôle parental existent : elles mettent régulièrement à jour une liste de sites qu'elles bloquent, même chose dans les paramètres des réseaux sociaux.

Sans installer de contrôle parental, il est important de garder un œil sur l'usage que son enfant fait de son téléphone. Il ne s'agit pas de lire ses messages, mais de savoir qui sont les amis à qui il envoie des SMS. L'idée n'est pas de consulter les photos qu'il a prises, mais de lui demander s'il a l'intention de les repartager.

Rester derrière son épaule quand il "scrolle" sur les réseaux sociaux sera trop intrusif, mais discuter des contenus qu'il suit permet de maintenir le dialogue ouvert et de faire savoir à l'enfant qu'au besoin, il pourra en parler. La communication est une excellente barrière : contre la violence en ligne, le harcèlement et la diffusion intempestive de contenus privés.

Même chose pour la pornographie : difficile d'interdire ou de surveiller sa consommation si votre enfant a accès à internet. Mais rester ouvert sur les sujets de la sexualité, de la nudité et du consentement aide à la création climat de confiance.

Vous pouvez contacter e-enfance au 3018 pour demander conseil sur l'accès aux écrans des mineurs.